Comprendre les sociétés du Maghreb

Le Projet

Problèmes publics et militantisme au Maghreb : la participation sociale et politique des jeunes dans ses dimensions locales et transnationales  (CSO2014-52998-C3-2-P), est un projet du Plan national I+D+I (2015-2017), financé par le Ministère espagnol de l’économie et la compétitivité dirigé par Thierry Desrues, chercheur du Conseil supérieur de la recherche scientifique à l’Institut d’Études Sociales Avancées (IESA-CSIC) de Cordoue (Espagne).

 

Antécédents

La vague de protestations qu’ont vécue les pays d’Afrique du nord au cours de l’hiver 2010-2011, connue sous le nom de “Printemps arabe” ou “Printemps démocratique” a suscité un intérêt renouvelé envers la jeunesse de la région. Ce faisant, on peut regretter que cet intérêt soudain ait aboutit trop fréquemment à des résultats superficiels dont la validité est trop dépendante de la pression de la conjoncture dans laquelle ils ont été obtenus. Cinq années après les mobilisations massives de 2011, la quête d’informations et de compréhension demeure concernant les activités, comportements, opinions et aspirations des jeunes maghrébins -et les moyens dont ils disposent pour satisfaire celles-ci- ou encore la place que les générations précédentes sont disposées à leur octroyer. Plus spécifiquement, les lacunes sont elles aussi nombreuses quand on aborde la question de la participation politique et sociale des jeunes dans leurs pays respectifs. En même temps, on se trouve face au paradoxe des discours des experts et des consultants d’organismes nationaux et internationaux dont les diagnostiques des problèmes publics et les propositions de politiques publiques présentent généralement la jeunesse tout autant comme un problème social et politique que la base sur laquelle doit se construire l’avenir des sociétés d’Afrique du nord.

 

Objectifs

Ce projet analyse la participation politique et sociale des jeunes au Maghreb, en partant de deux phénomènes: d’un côté, la dénonciation par les pouvoirs publics, la presse et les experts du manque d’intégration politique de cette catégorie sociale, et, d’un autre côté, la présentation médiatique de cette génération en tant qu’acteur principal des mobilisations de l’année 2011, ce qui remet en question l’idée d’une dépolitisation ou d’une apathie de la jeunesse.

Il est articulé autour de trois grands axes :

  • l’analyse des discours sur la jeunesse maghrébine et les conséquences de ceux-ci en termes de construction médiatique des problèmes publics et d’éventuelles réponses apportées en matière de politiques publiques ;
  • l’analyse de l’offre de participation et de représentation politiques ainsi que des attitudes des jeunes face à celle-ci en portant un intérêt particulier aux motivations et aux pratiques des trajectoires militantes ;
  • l’analyse de l’attrait que possèdent divers répertoires protestataires d’action collective auprès des jeunes, et notamment de leur potentiel de radicalisation.