{"id":3516,"date":"2018-02-26T18:27:12","date_gmt":"2018-02-26T18:27:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/maroc-ghalia-kadiri-au-maroc-les-langues-de-la-discorde-le-monde-le-22-fevrier-2018\/"},"modified":"2018-08-16T12:50:59","modified_gmt":"2018-08-16T12:50:59","slug":"maroc-ghalia-kadiri-au-maroc-les-langues-de-la-discorde-le-monde-le-22-fevrier-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/maroc-ghalia-kadiri-au-maroc-les-langues-de-la-discorde-le-monde-le-22-fevrier-2018\/","title":{"rendered":"MAROC: Ghalia Kadiri, &#8220;Au Maroc, les langues de la discorde&#8221;, Le Monde, le 22 f\u00e9vrier 2018"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Ecartel\u00e9 entre le fran\u00e7ais, la darija, l\u2019arabe classique et l\u2019amazigh, le pays ne parvient pas \u00e0 se mettre d\u2019accord sur une politique linguistique stable.<\/h1>\n<p class=\"taille_courante\"><strong>Le d\u00e9bat n\u2019en finit pas de\u00a0rebondir. Faut-il\u00a0supprimer\u00a0le fran\u00e7ais\u00a0?\u00a0Institutionnaliser\u00a0la darija (arabe dialectal)\u00a0?\u00a0D\u00e9fendre\u00a0l\u2019arabe classique\u00a0?<\/strong> Depuis des d\u00e9cennies, le\u00a0Maroc\u00a0ne parvient pas \u00e0 se\u00a0mettre d\u2019accord sur une\u00a0politique\u00a0linguistique stable. Une question d\u2019autant plus f\u00e2cheuse que certains n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0\u00a0parler\u00a0d\u2019<em>\u00ab\u00a0apartheid\u00a0social\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0li\u00e9 \u00e0 l\u2019usage des langues dans le royaume, o\u00f9 la diversit\u00e9 linguistique port\u00e9e par l\u2019arabe, la darija, les dialectes berb\u00e8res, le fran\u00e7ais ou encore l\u2019espagnol est l\u2019objet d\u2019une guerre qui touche la sph\u00e8re\u00a0politique\u00a0et se ressent jusque sur les bancs des \u00e9coles.<\/p>\n<p><strong>Et si les langues faisaient la paix\u00a0?<\/strong> C\u2019est la r\u00e9flexion qu\u2019invite \u00e0\u00a0mener\u00a0l\u2019\u00e9ditrice ind\u00e9pendante Kenza Sefrioui. La Franco-Marocaine de 38\u00a0ans a r\u00e9uni dans un ouvrage une panoplie de textes \u00e9crits par un collectif de seize intellectuels de langue arabe, fran\u00e7aise ou bilingues, dont la chercheuse Zakia Iraqui-Sinaceur, le po\u00e8te Jalal Al-Hakmaoui et l\u2019\u00e9crivain Abdellah Ta\u00efa. Dans\u00a0<em>Maroc\u00a0: la guerre des langues\u00a0?<\/em>, paru le 10\u00a0f\u00e9vrier, une id\u00e9e les met tous d\u2019accord\u00a0: il faut\u00a0c\u00e9l\u00e9brer\u00a0la pluralit\u00e9 des langues pour qu\u2019elle devienne un motif de fiert\u00e9.<\/p>\n<p>Mais dans un pays o\u00f9 seul l\u2019arabe dialectal est parl\u00e9 par l\u2019ensemble des Marocains \u2013 ou presque \u2013, la diversit\u00e9 des langues reste une source de tensions.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Le poids de l\u2019histoire\u00a0coloniale, les h\u00e9g\u00e9monies g\u00e9opolitiques et les fractures sociales ont install\u00e9 des repr\u00e9sentations souvent caricaturales\u00a0: le fran\u00e7ais est vu comme la langue de la modernit\u00e9, tandis que l\u2019arabe est assign\u00e9 \u00e0 la religion et \u00e0 la tradition et que la darija et les dialectes berb\u00e8res sont juste bons \u00e0\u00a0communiquer,<\/em>\u00a0explique Kenza Sefrioui.\u00a0<em>Ces rapports de forces g\u00e9n\u00e8rent des crispations identitaires, une obsession de la l\u00e9gitimit\u00e9 et des sentiments d\u2019injustice.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><strong>Le sujet a particuli\u00e8rement attir\u00e9 les visiteurs du Salon\u00a0international\u00a0du livre, dont la 24<sup>e<\/sup>\u00a0\u00e9dition s\u2019est tenue du 9 au 18\u00a0f\u00e9vrier \u00e0 Casablanca.<\/strong> Car si la question est existentielle dans le royaume, c\u2019est qu\u2019elle se vit au quotidien.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Il y a un \u00e9cart g\u00e9ant entre la langue que l\u2019on parle et la langue officielle\u00a0\u00bb<\/em>, t\u00e9moigne Nadia, une \u00e9tudiante casablancaise de 24\u00a0ans. Au Maroc, les jugements dans les tribunaux sont prononc\u00e9s en arabe classique, au grand dam de ceux qui ne le parlent pas.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Idem pour le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 ou les d\u00e9marches administratives, qui restent inaccessibles pour un grand nombre de gens\u00a0\u00bb<\/em>, poursuit la jeune femme.<\/p>\n<p>A cette situation de diglossie (coexistence d\u2019une langue savante et d\u2019une langue parl\u00e9e) s\u2019ajoute le paradoxe de l\u2019enseignement\u00a0: en arabe jusqu\u2019au\u00a0bac, puis en fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019universit\u00e9 pour la plupart des mati\u00e8res, dont les\u00a0sciences\u00a0et la\u00a0m\u00e9decine. Sur le march\u00e9 du\u00a0travail, ceux qui ma\u00eetrisent le fran\u00e7ais ont des salaires plus attractifs, avec de meilleures perspectives de carri\u00e8re.<\/p>\n<blockquote><p><strong><em>\u00ab\u00a0Qu\u2019on ne vienne pas nous\u00a0dire\u00a0que les langues n\u2019ont pas une dimension sociale\u00a0: on ne vit pas de la m\u00eame mani\u00e8re selon la langue qu\u2019on parle et donc du milieu dont on vient\u00a0\u00bb<\/em>, affirme Nadia.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Pour continuer \u00e0 lire:<\/strong> <em><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2018\/02\/21\/au-maroc-les-langues-de-la-discorde_5260401_3212.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">http:\/\/www.lemonde.fr\/afrique\/article\/2018\/02\/21\/au-maroc-les-langues-de-la-discorde_5260401_3212.html<\/a><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Ecartel\u00e9 entre le fran\u00e7ais, la darija, l\u2019arabe classique et l\u2019amazigh, le pays ne parvient pas \u00e0 se mettre d\u2019accord sur une politique linguistique stable. Le d\u00e9bat n\u2019en finit pas de\u00a0rebondir. Faut-il\u00a0supprimer\u00a0le fran\u00e7ais\u00a0?\u00a0Institutionnaliser\u00a0la darija (arabe dialectal)\u00a0?\u00a0D\u00e9fendre\u00a0l\u2019arabe classique\u00a0? Depuis des d\u00e9cennies, le\u00a0Maroc\u00a0ne parvient pas \u00e0 se\u00a0mettre d\u2019accord sur une\u00a0politique\u00a0linguistique stable. Une question d\u2019autant plus f\u00e2cheuse que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[46,37,54],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3516"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3516"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3516\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3520,"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3516\/revisions\/3520"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3516"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3516"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lemaghreb.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3516"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}